[Publication] Quand l'anthropologie et la psychologie se côtoient : deux articles de Véronique Servais

25/05/2020

Véronique Servais vient de sortir deux articles consacrés proposant un regard anthropologique sur des questions souvent réservées au domaine de la psychologie.

 

La psychologie animale : une psychologie sans sujet ?

CAS 018 L204 Ce texte, paru dans les "Cahiers d'Anthropologie Sociale", reprend très brièvement l’histoire conjointe de la naissance de la psychologie scientifique et de l’éthologie animale, devenue biologie du comportement, pour montrer que ces deux disciplines, bien que différentes, ont convergé dans l’absence de prise en compte de la subjectivité animale. Revenant à Buytendijk, il interroge ensuite la notion de subjectivité animale telle qu’elle est présente chez cet auteur ainsi que chez différents éthologues d’inspiration phénoménologique, pour conclure sur le fait que le sujet éthologique est toujours un sujet situé. À partir de là, il devient évident que la naturalisation du primate l’éloigne, forcément, de sa nature. En guise de conclusion, l’auteur cherche à envisager, à la suite de Kinji Imanishi, quelles pourraient être les conséquences concrètes de l’introduction de la subjectivité dans l’éthologie contemporaine.

 

 

lien orbi : http://hdl.handle.net/2268/237811
lien vers la revue : https://www.cairn.info/revue-cahiers-d-anthropologie-sociale-2019-1.htm

 

Le projet Jonathan : aménager un environnement autour d'un enfant porteur d'autisme

Cet article, qui sera publié dans la revue "Anthropologe et Santé",  propose un retour réflexif sur un travail clinique réalisé par une équipe, dont a fait partie Véronique Servais, avec un enfant porteur d’autisme, Jonathan, en l’emmenant rencontrer quotidiennement des dauphins captifs durant trois étés consécutifs. Ce travail ancien est présenté à la lumière des écrits de Fernand Deligny, découverts longtemps après la fin du projet, qui ont permis à l'auteur de l’envisager sous un jour nouveau et de formaliser ce qui apparaissait jusqu’alors comme indicible. L’élément clé du travail avec Jonathan est identifié comme l’aménagement, autour de l’enfant et avec lui, d’un environnement matériel, relationnel et symbolique ayant pour particularités d’accepter l’incertitude et les narrations multiples, de se retenir d’imposer un savoir a priori et de permettre ainsi à Jonathan de prendre une place au sein de notre équipe. En s’appuyant sur les notes prises au cours du projet et sur l’écho qu’en renvoie la lecture des écrits de Deligny, le présent récit identifie les traits saillants de ce travail, amenant à qualifier la manière d’agir avec Jonathan, « d’agir ensemble dans le "non vouloir" », une manière d’agir qui tente d’éviter, autant que faire se peut, les buts conscients.

lien orbi : http://hdl.handle.net/2268/247676

L'Université de Liège et la Haute École de Namur-Liège-Luxembourg organisent, dès la rentrée 2020-21, un nouveau certificat proposant de repenser la place et la parole de l’enfant en contextes.

Cette journée d'étude, organisée par Léo Mariani (MNHN), Véronique Servais (ULiège) et Julien Blanc (MNHN), prend comme point de départ l’hypothèse selon laquelle le monde perçu est, à bien des égards, intrinsèquement instable, et qu’il revient à des dispositifs techniques, au sens large, de le stabiliser et/ou de stabiliser les façons que l'on a d'entrer en relation avec lui. Ces dispositifs stabiliseraient à la fois la perception, les affects et le sens attachés à une situation, autrement dit des manières de se relier à l’environnement. Rares sont en effet les humains qui, au quotidien, ne concilient pas avec une pluralité d'êtres et de formes de rapports au monde. C'est pourquoi il nous a semblé intéressant de porter l'attention sur ce qui, dans des contextes à chaque fois singuliers, permet de stabiliser des formes de relations et de définitions du monde.