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James Musonda remporte le prix Terence Ranger



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Félicitations à notre ancien collègue, James Musonda qui a recu le prix Terence Ranger 2022 !

Le prix Terence Ranger est discerné annuellement au meilleur article soumis par un jeune chercheur qui publie pour la première fois dans le Journal of Southern African Studie. Cette année, il récompense l'article "Modernity on Credit : The Experience of Undergrounds Miners on the Zambian Copperbelt" rédigé par Dr. Musonda à partir de son travail de doctorat réalisé dans le cadre du projet européen WORKINGMINNING du professeur Benjamin Rubbers à la Faculté des Sciences Sociales de l'Université de Liège.

 

Résumé en français:

Cet article explore les pratiques d'emprunt des mineurs de la Copperbelt (ceinture de cuivre zambienne) dans le contexte d'une augmentation des dettes liées à la consommation et ce depuis la privatisation du secteur minier du pays. Il interroge les raisons pour lesquelles les mineurs zambiens empruntent et la manière dont ils utilisent ces prêts. Il montre ainsi que l'augmentation des dettes de consommation chez les mineurs est liée aux pratiques d’emploi des compagnies minières privées. Les payements en nature typiques du travail minier au 20e siècle, incluant les maison, l'éducation des enfants, l'eau et l'électricité, ont été supprimés et ces couts occupent aujourd’hui une part significative du salaire des mineurs. Les employeurs ont ainsi réussi à transférer la responsabilité du bien-être social sur leurs travailleurs, dont les salaires sont par ailleurs de plus en plus faibles. Conjointement, les licenciements en masse réalisés depuis la privatisation ont placé une pression supplémentaire sur les mineurs qui s'occupent de leurs proches licenciés et sans emploi, alors que l'inflation a érodé leurs revenus. La croissance des marchés à crédit a accompagné et facilité ces transformations. Pour les mineurs d'aujourd'hui, la dette de consommation représente une tentative de reproduire les conditions économiques, sociales et culturelles d'une ‘vie moderne’, qu’ils associent à la vie urbaine depuis la période coloniale. Ils investissent l'argent emprunté dans des maisons, l'éducation familiale et des entreprises. En raison de la hausse des couts de la vie et de la nature de plus en plus précaire du travail minier, cette ‘vie moderne’ consiste avant tout à joindre les deux bouts (getting by) et à assurer un futur après l'emploi. Les mineurs réalisent qu’ils ne peuvent pas vivre sans dette. Dès lors, ils utilisent différentes stratégies d'adaptation pour gérer leur endettement.

 

English Abstract: 

This article explores the borrowing practices of Copperbelt underground miners in the context of growing debt consumption since the privatisation of the country’s mining sector. It explores why Zambian mine workers borrow and how they use loans. It shows that growing debt consumption among mine workers is related to the labour practices of the privatised mining companies. The payments in kind that typically accompanied mining employment in the 20th Century, such as housing, children’s education, water and electricity, have been withdrawn and meeting these costs now accounts for a significant proportion of miners’ income. Employers have effectively shifted responsibility for social welfare on to their workers, who receive increasingly low wages. At the same time, mass layoffs since privatisation have placed increased pressure on miners to look after retrenched and unemployed family members, while inflation has eroded their wages. The growth of credit markets has accompanied and facilitated these transformations. For contemporary mine workers, debt consumption is an attempt to reproduce the economic, social and cultural conditions of a ‘modern life’, which mine workers on the Copperbelt have associated with urban living since the colonial period. They invest borrowed money in housing, in family education and in businesses. Given the rising cost of living and the increasingly precarious nature of mine employment, this ‘modern life’ is primarily about ‘getting by’ and securing a post-employment future. Miners realise that they cannot live without debt. As such, they employ various coping strategies to manage their indebtedness.

 

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