Anthropologie politique
Les membres du laboratoire réunis autour de cet axe s’intéressent à des questions politiques au sens large. Nous travaillons sur différentes thématiques comme la protection de la nature en R.D. Congo, les droits des migrants en Belgique, la condition des personnes en situation de handicap en Afrique du Sud, les migrations dans le copperbelt congolais, ou encore les dynamiques du travail dans le secteur de la construction au Cameroun. Nous avons en commun d’accorder une attention privilégiée aux rapports de pouvoir qui se développent autour de ces enjeux et de les aborder dans une perspective ethnographique attentive aux dynamiques historiques.
Cet axe vise à renforcer notre capacité à analyser ce qui se joue dans ces rapports de pouvoir en développant une réflexion collective sur des questions d’anthropologie politique :
- Qu’est-ce qui est politique du point de vue des acteurs ? Comment penser ensemble ce qui relève de la politique, des politiques publiques, et du politique dans son sens le plus général ? Comment penser les limites de ce qui est politique ?
- Quelles sont les techniques de pouvoir et de contre-pouvoir utilisées ? Comment affectent-elles la subjectivité des acteurs, leurs dispositions corporelles, leurs affects et leurs valeurs ? Quelle place laisser, dans ces processus, à la créativité, à la conscience, à l’événement ?
- Comment rendre compte des jeux d’échelle, des interactions entre processus locaux, nationaux et globaux ? De quelle manière resituer ce qui se passe sur le terrain dans des processus de plus longue durée, qui ont partie liée à l’histoire du capitalisme, du colonialisme, et du nationalisme, par exemple ?
- Quels sont les acteurs en présence ? Quel rôle est joué par ceux qui ne sont pas reconnus comme des acteurs politiques à part entière ? Quelle place laisser, dans l’analyse de ces processus politiques, aux non-humains ? Dans quelle mesure les clivages politiques reflètent-ils des inégalités socio-économiques ?
- Comment négocier ces rapports de pouvoir sur le terrain ? Que veut dire développer une posture neutre ou engagée ? De quelle manière rendre compte de la position du chercheur dans l’analyse ? Comment analyser les critiques ou les appropriations dont nos publications sont l’objet par les acteurs ?
Cette réflexion collective se situe donc au point de rencontre entre l’anthropologie politique et différents sous-champs de la discipline tels que l’anthropologie du capitalisme, du droit, ou de la santé. Elle est nourrie au sein de notre groupe de travail par l’organisation d’un séminaire bimensuel au format « libre ». Dans le cadre de ce séminaire, il est demandé aux participants d’aborder une question de théorie, d’éthique ou de méthode à partir d’expériences de terrain, de lectures, de films, ou de tout autre mode d’expression.
