[Cycle de conférences du LASC] Frédéric LOUCHART : "Conserver et reconstruire la nature, un enjeu anthropologique de l’anthropocène"

07/05/2019

" Conserver et reconstruire la nature, un enjeu anthropologique de l’anthropocène "

 

le 7 mai de 18h  à 20h,  Salle Wittert (bât. A1, Place du 20-août, Liège-Centre)

 

Conférence de Frédéric Louchart (EHESS, Collège-de-France, chercheur indépendant)

 

La présente proposition résulte d’une année de terrain ethnographique pour le Collège-de-France. Situé au Kalimantan Central (Bornéo), le site de Nyaru Menteng abrite une clinique vétérinaire dédiée à la réintroduction du Pongo pygmaeus. Ce site dépendait alors de la fondation « BOS » - Borneo Orangutan Survival - qui finançait des sites de réintroduction d’orang-outan (Nyaru Menteng, Wanariset) et dont le comité scientifique se composait de primatologues. Lone Droscher-Nielsen le dirige depuis 1999 et préside au destin de plus de 600 orangs-outans dont s’occupent près d’une centaine de nurses, pour la plupart dayakes.

 

Le projet pose ensuite plusieurs axes de questionnement éthiques, à commencer par le rapport de l’anthropologue aux autres sciences qu’il entend étudier : méthodes, représentations, concepts, scientificité. Il s’en suit qu’il lui faut réfléchir non seulement à la construction des savoirs des autres disciplines, mais aussi aux siennes qui constituent autant de contraintes et d’écueils dans un cadre interculturel, polyethnique et multi-disciplinaire. Un tel éloignement de situations ethnographiques plus classiques pousse à réfléchir sur l’épistémologie d’une « science de la science ». 

 

Enfin, quels choix analytiques s’offrent ici aux relations avec un autre primate, et peut-on encore se permettre une anthropologie qui ne tiendrait pas compte des apports de la primatologie ? A ceci s’ajoutent bien évidemment les plaisirs procéduriers d’un travail en Indonésie dans une ONG où règnent la concurrence et les hiérarchies.

 

Frédéric Louchart

Professeur agrégé d’histoire et de géographie, docteur en anthropologie. Diplômé de l’EHESS et ancien ATER au Collège-de-France, chercheur indépendant et enseignant.

 

 

 

L'Université de Liège et la Haute École de Namur-Liège-Luxembourg organisent, dès la rentrée 2020-21, un nouveau certificat proposant de repenser la place et la parole de l’enfant en contextes.

Cette journée d'étude, organisée par Léo Mariani (MNHN), Véronique Servais (ULiège) et Julien Blanc (MNHN), prend comme point de départ l’hypothèse selon laquelle le monde perçu est, à bien des égards, intrinsèquement instable, et qu’il revient à des dispositifs techniques, au sens large, de le stabiliser et/ou de stabiliser les façons que l'on a d'entrer en relation avec lui. Ces dispositifs stabiliseraient à la fois la perception, les affects et le sens attachés à une situation, autrement dit des manières de se relier à l’environnement. Rares sont en effet les humains qui, au quotidien, ne concilient pas avec une pluralité d'êtres et de formes de rapports au monde. C'est pourquoi il nous a semblé intéressant de porter l'attention sur ce qui, dans des contextes à chaque fois singuliers, permet de stabiliser des formes de relations et de définitions du monde.