[Cycle de conférences du LASC] Marie DAUGEY : "Initiations masculines et féminines à l’animalité : construction du genre et du rapport à l’espace (pays kabyè, Togo)"

30/04/2019 - Salle Wittert (bât. A1)

 

"Initiations masculines et féminines à l’animalité : construction du genre et du rapport à l’espace (pays kabyè, Togo)"

 

le 30 avril de 18h  à 20h,  Salle Wittert (bât. A1, Place du 20-août, Liège-Centre)

 

Conférence de Marie Daugey (Fyssen - LASC/FaSS)

 

 

Les initiations masculines et féminines en pays kabyè (Togo) ont la particularité d’être peu ésotériques et largement publiques. Cela va de pair avec l’existence d’importants parallélismes structurels dans l’organisation des rites initiatiques masculins et féminins.

Garçons et filles sont en partie confrontés aux mêmes entités initiatiques et, dans certaines localités, ils participent ensemble à certaines séquences rituelles. La commune nécessité d’être mis.es en présence avec des lieux et des entités en lesquels s’originent les vies individuelles ainsi que les groupes claniques et lignagers se traduit par exemple, pour tous, par l’accomplissement de parcours rituels reliant des sites sacrés dispersés dans le paysage habité. Je montrerai qu’au-delà de ces enjeux communs, la construction initiatique des genres se fait à travers la constitution de rapports à l’espace de brousse différenciés, par l’identification des filles et des garçons à des animaux sauvages aux statuts différents. Alors que l’initiation masculine procède à un ensauvagement des novices en « prédateurs » (lions, chasseurs, potentiels guerriers), l’initiation féminine opère un processus complémentaire : elle apprivoise la fécondité sauvage des jeunes filles, qui sont comparées à du gibier (antilopes). Je montrerai comment la dialectique prédateur/proie, à travers laquelle sont pensées les capacités séductrices et reproductrices des couples, s’actualise dans les interactions rituelles entre garçons et filles.

 

L'Université de Liège et la Haute École de Namur-Liège-Luxembourg organisent, dès la rentrée 2020-21, un nouveau certificat proposant de repenser la place et la parole de l’enfant en contextes.

Cette journée d'étude, organisée par Léo Mariani (MNHN), Véronique Servais (ULiège) et Julien Blanc (MNHN), prend comme point de départ l’hypothèse selon laquelle le monde perçu est, à bien des égards, intrinsèquement instable, et qu’il revient à des dispositifs techniques, au sens large, de le stabiliser et/ou de stabiliser les façons que l'on a d'entrer en relation avec lui. Ces dispositifs stabiliseraient à la fois la perception, les affects et le sens attachés à une situation, autrement dit des manières de se relier à l’environnement. Rares sont en effet les humains qui, au quotidien, ne concilient pas avec une pluralité d'êtres et de formes de rapports au monde. C'est pourquoi il nous a semblé intéressant de porter l'attention sur ce qui, dans des contextes à chaque fois singuliers, permet de stabiliser des formes de relations et de définitions du monde.