2018-2019

[Cycle de conférences du LASC] Marie DAUGEY : "Initiations masculine et féminine à l’animalité : construction du genre et du rapport à l’espace (pays kabyè, Togo)"

30/04/2019 - Salle Wittert (bât. A1)

 

"Initiations masculine et féminine à l’animalité : construction du genre et du rapport à l’espace (pays kabyè, Togo)"

 

le 30 avril de 18h  à 20h,  Salle Wittert (bât. A1, Place du 20-août, Liège-Centre)

 

Conférence de Marie Daugey (Fyssen - LASC/FaSS)

  

Les initiations masculine et féminine en pays kabyè (Togo) ont la particularité d’être peu ésotériques et largement publiques. Cela va de pair avec l’existence d’importants parallélismes structurels dans l’organisation des rites initiatiques masculins et féminins.

Garçons et filles sont en partie confrontés aux mêmes entités initiatiques et, dans certaines localités, ils participent ensemble à certaines séquences rituelles. La commune nécessité d’être mis.es en présence avec des lieux et des entités en lesquels s’originent les vies individuelles ainsi que les groupes claniques et lignagers se traduit par exemple, pour tous, par l’accomplissement de parcours rituels reliant des sites sacrés dispersés dans le paysage habité. Je montrerai qu’au-delà de ces enjeux communs, la construction initiatique des genres se fait à travers la constitution de rapports à l’espace de brousse différenciés, par l’identification des filles et des garçons à des animaux sauvages aux statuts différents. Alors que l’initiation masculine procède à un ensauvagement des novices en « prédateurs » (lions, chasseurs, potentiels guerriers), l’initiation féminine opère un processus complémentaire : elle apprivoise la fécondité sauvage des jeunes filles, qui sont comparées à du gibier (antilopes). Je montrerai comment la dialectique prédateur/proie, à travers laquelle sont pensées les capacités séductrices et reproductrices des couples, s’actualise dans les interactions rituelles entre garçons et filles.


 

 

[Cycle de conférences du LASC] Peter Lambertz : "Son, guérison et résonance culturelle parmi les adeptes d’un mouvement spirituel « Japonais » à Kinshasa"

27/03/2019 - Salle Lumière (+1, bât. A1, Place du 20-août, Liège-Centre)

"Son, guérison et résonance culturelle parmi les adeptes d’un mouvement spirituel « Japonais » à Kinshasa"

 

le 27 mars de 18h  à 20h,  Salle Lumière (+2, bât. A1, Place du 20-août, Liège-Centre)

 

Conférence de Peter Lambertz (Gerda Henkel Postdoc Fellow - Institute for Anthropological Research in Africa, Katholieke Universiteit Leuven)

 

Johrei (Jap. « purification de l’esprit ») est une technique de guérison spirituelle propagée par la nouvelle religion Japonaise Sekai Kyûseikyô (Église Messianique Mondiale), qui repose sur la transmission de « lumière divine » originaire du Japon. Son efficacité dépend d’une intensité esthétique, au sens Aristotélicien du terme, qui implique entre autre une pratique ritualisée du silence. En pleine cité de Kinshasa, un tel silence vibre, tout comme les mantras Japonais que les adeptes Congolais de ce mouvement spirituel récitent afin de « purifier l’atmosphère spirituelle ». Si de telles pratiques apparaissent exotiques en pleine capitale de la RDC, un regard plus rapproché révèle des résonnances culturelles surprenantes. A partir d’un mouvement religieux non-conformiste et ouvertement critique des nombreuses « Églises de réveil », la communication s’interroge sur le rapport entre guérison spirituelle et expérience esthétique en ville Africaine contemporaine.

 

Peter Lambertz est anthropologue, docteur en sciences religieuses et Africaines des universités d’Utrecht et de Leipzig (cotutelle, 2015). Il est actuellement boursier de la fondation Gerda Henkel (Allemagne) ainsi que professeur visiteur à l’institut des recherches anthropologiques en Afrique (IARA) de la KU Leuven.


 

 

“Mobilité contextuelle dans les espaces sociaux transnationaux: expériences des femmes migrantes thaïlandaises en couple avec des belges”

21 février de 15h à 17h, Salle Mahaim (+1, aile gauche, bât. B31, Place des orateurs 3, 4000 Liège/Sart-Tilman)

Conférence de Asuncion Fresnoza-Flot (chercheure qualifiée F.R.S.-FNRS, maître d’enseignement au Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains, ULB)

CLa mixité conjugale implique le plus souvent un déplacement d’un pays vers un autre d’au moins un des partenaires du couple dit « mixte » (dont les conjoints possèdent des origines nationales et socioculturelles différentes). La reproduction sociale de ce couple et sa survie au cours du temps sont fonction de la mobilité contextuelle des partenaires, c’est-à-dire, des manières dont ils se positionnent sur les plans physique, cognitif, émotionnel et temporel dans des situations ou cadres souvent chevauchants et caractérisés par des rapports et hiérarchies de pouvoir. Afin d’éclaircir la façon dont cette mobilité se déroule concrètement, cette présentation se penchera sur le cas des femmes migrantes thaïlandaises en couple avec des belges. L’analyse des données empiriques issues d’entretiens et d’observations ethnographiques effectués en Belgique entre 2012 et 2015 identifie les contextes dans lesquels les femmes thaïlandaises se montrent mobiles: contextes langagiers, culinaires et politico-économiques. Ces contextes se situent dans les espaces sociaux transnationaux des migrantes thaïlandaises dans lesquelles les normes socioculturelles et légales de leur pays d’origine et de leur société d’accueil interagissent fréquemment. Leur détermination personnelle, leurs ressources économiques et leurs réseaux sociaux permettent aux femmes thaïlandaises d’être mobiles dans différents contextes.


 

“La production des territoires extractifs en Guinée ou comment comprendre la présence de l’État à ses marges”

19 février de 18h à 20h, Salle Wittert (bât. A1, Place du XX-Août 7, 4000 Liège)

Conférence de Anna Dessertine (Chaire d’Etudes Africaines Comparées de l’Université Mohamed VI Polytechnique / LESC-CNRS)

Cette intervention vise à analyser les dynamiques politico-spatiales en contexte minier aurifère guinéen, à partir de la reconfiguration des espaces miniers dans la région de la Haute-Guinée. Comme dans de nombreuses autres régions africaines, l’exploitation aurifère artisanale et industrielle s’y est considérablement intensifiée à partir des années 2000.
Jusqu’en 2015, la construction de campements temporaires était tolérée par le gouvernement, et de nombreux habitants – parallèlement agriculteurs – venaient tenter leur chance dans les mines d’or artisanales pendant la saison sèche, entre novembre et mai. Mais en 2015, des conflits entre orpailleurs et compagnies minières ont incité le gouvernement à détruire ces campements et à multiplier les opérations militaires d’expulsion des orpailleurs. Mon objectif est de partir de ces reconfigurations spatiales pour interroger l’autorité étatique dans cette région frontalière. Grâce à une ethnographie de plus de vingt mois entre 2011 et 2018, j’analyserai dans un premier temps les effets socio-spatiaux de la militarisation des espaces sur les activités d’orpaillage. La destruction des campements temporaires (ou la menace de la faire) a en effet entraîné l’émergence de nouvelles pratiques spatiales privilégiant des formes de mobilité journalière, l’expansion des pratiques de location et des stratégies de mobilités alternatives inédites dans la région. Dans un second temps, je questionnerai l’autorité étatique à travers la figure du militaire. Ces « corps habillés », dont la seule présence garantirait la puissance d’État, sont également régulièrement mobilisés par des compagnies minières pour la protection de leurs terrains, selon une logique de privatisaGabarits d'affichagetion des dispositifs étatiques. En partant d’une situation spécifique, celle de la reconfiguration des mobilités des orpailleurs et de la militarisation des espaces miniers, je vise ainsi à explorer différents modes de présence de l’État guinéen dans une région certes périphérique, mais aussi fortement intégrée dans des commerces transnationaux comme celui de l'or.


 

“Ce que le patrimoine fait au développement, et vice-versa… Quelques enseignements à partir de l’anthropologie”

6 décembre de 18h à 20h, Salle Wittert (bât. A1, Place du XX-Août 7, 4000 Liège)
Charles-Edouard de Suremain (Anthropologue, directeur de recherche, UMR 208 PaLoc « Patrimones Locaux & Gouvernance » (IRD/MNHN), chercheur invité au CIESAS Unidad de México (Centro de Investigación y Estudios Superiores en Antropología Social)

 

À partir de recherches anthropologiques menées au Mexique dans le domaine de l’alimentation, la conférence se propose de décrypter la patrimonialisation comme un espace de tensions entre des institutions, des acteurs, des normes et des valeurs qui sous-tendent, chacun à leur façon, un certain type de développement. Dans un premier temps, la patrimonialisation, de l’alimentation notamment, sera présentée comme un terrain en soi, lieux de production de connaissances et d’enjeux spécifiques à l’échelle locale comme planétaire. Ensuite, je montrerai en quoi la patrimonialisation conduit à s’interroger, à partir de cas ethnographiques concrets, sur le développement et ses acteurs dans une perspective critique. Ces analyses me conduiront, dans un troisième temps, à monter en généralité et à m’interroger sur la façon de faire de l’anthropologie du développement, et de l’anthropologie tout court, sur une problématique qui occupe toujours plus de place dans la sphère académique et dans les sociétés et les communautés les plus diverses.

 


 

Projection du film : "Maître Feng. Un moine taoïste en Chine aujourd'hui"

30 octobre, 18h-20h, Salle Grand Physique (A1, Aile "des Jésuites", niveau +1, Place du XX août, 4000 Liège)

Adeline Herrou (chargée de recherche, ethnologue et sinologue, CNRS, LESC)

Ce film ethnographique est le portrait d’un moine taoïste, de la région de Ziyang au Shaanxi, en Chine centrale. Celui-ci, entré en religion « dans la Chine d’autrefois », est forcé de retourner à la vie laïque lors de la Révolution culturelle (1966-1976) et de travailler dans les champs pendant quinze ans. Au début des années 1980, il peut reprendre sa vie de moine. Reconnu comme un maître éminent jusqu’à Pékin, il préfère refuser les propositions de postes prestigieux pour se consacrer à la reconstruction de temples détruits pendant la longue période de prohibition religieuse [...]

 


 

Présentation de l'ouvrage "Une journée dans une vie, une vie dans une journée. Des ascètes et des moines aujourd'hui"

30 octobre, 9h45-11h, Séminaire 7 (B31, Place des orateurs 3, 4000 Liège/Sart-Tilman

Adeline Herrou (chargée de recherche, ethnologue et sinologue, CNRS, LESC)
Plus d'informations  sur l'ouvrage.