2014-2015

 

La matérialité du soin au cœur des tensions soignants-soignés ? 

Le jeudi 30 avril 2015, de 19h à 21h, ULg, Place du XX août
Josiane Carine Tantchou, Chargée de recherche - CNRS, Centre Jacques Berque, Maroc

 

Les systèmes de santé en Afrique ont été largement étudiés par les sciences sociales. Plusieurs aspects ont été abordés : l’offre de soins, l’accès aux soins, les conditions de travail, les rapports soignants-soignés, la crise des ressources humaines en santé, etc. Plus récemment des chercheurs ont étudié l’impact des initiatives globales de santé sur les systèmes de santé locaux, principalement en matière de lutte contre le sida. D’autres se sont intéressés aux raisons pour lesquels certains problèmes de santé plus que d’autres attiraient l’attention. En dépit de leur richesse, un point reste insuffisamment abordé dans l’ensemble de ces travaux : la matérialité du travail des soignants et son impact sur les relations soignants-soignés. Dans cette intervention, je m’attache à la valeur heuristique des usages de l’espace de la maternité dans un hôpital de l’Extrême Nord du Cameroun pour comprendre les tensions soignants-soignés. Je suggère que ces tensions sont liées à un travail de traduction (Akrich, 2010) incessant de l’espace pour l’adapter aux activités courantes, la volonté d’avoir un minimum de prise sur ses activités en anticipant les discontinuités qui pourraient survenir, enfin la fatigue résultant de ce travail permanent de traduction et d’anticipation.

 


 

“Transition and Justice in Sierra Leone: Anthropological Perspectives”

Le mardi 31 mars 2015, de 18h15 à 20h15, ULg, Place du XX août, salle Wittert
Gerhard Anders, Center of African Studies, University of Edinburg

 

My presentation situates the establishment of the Special Court for Sierra Leone in the wider context of the country’s transitional period between 1999 and 2004. During this pivotal period, Sierra Leone experienced a massive state-building intervention to establish the rule of law and democracy. However, this new beginning was characterized by violent clashes between the leaders of the various warring factions who tried to secure political influence after the signing of the Lomé Peace Agreement in 1999. The presentation examines events that resulted in the unravelling of the peace agreement, the establishment of the Special Court and the arrests of hundreds of suspected rebels under a state of emergency, to show how they undermined the lofty promises of justice made by the representatives of the Special Court and the international community. It reveals the limited scope of the retributive project of international criminal justice at the intersections with the business-as-usual political manoeuvres that occurred after the end of the civil war.

 


 

« Les cultures matérielles et motrices de la royauté sacrée au temps du retour des rois dans l’Afrique contemporaine »

Le mardi 24 mars 2015, de 18h15 à 20h15, ULg, Place du XX août, salle Wittert
Jean-Pierre Warnier, PHD en anthropologie (Pennsylvanie), doctorat es Lettres (Paris-Nanterre), professeur honoraire et chercheur associé au Centre d’études africaines (EHESS-IRD, Paris), conférencier de l'Institut des Sciences humaines et sociales (ULg)


Ngwa’fo des Mankon (Cameroun) règne depuis 1959 sur un royaume de quelques dizaines de milliers de sujets. Il se conforme aux préceptes de la royauté sacrée africaine. Il est diplômé en ingénierie agricole de l’Université d’Ibadan (Nigéria), Premier Vice-Président du parti au pouvoir, et homme d’affaires. La conférence, illustrée d’un film documentaire de 7 minutes et de diapositives, analysera les cultures matérielles et motrices ainsi que le discours de la royauté sacrée comme technologies du pouvoir. Elle montrera également comment une monarchie réinventée, suite au retour des rois sur le devant de la scène politique africaine dans les années 1980, constitue une ressource politique originale dans l’alliance hégémonique qui gouverne le Cameroun contemporain. Elle mettra l’accent tant sur le donné ethnographique que sur la théorisation des technologies du pouvoir en ce qu’elles ont de matériel, de corporel et de discursif.

 


 

« La Confusion des sentiments : retour sur une expérience mélanésienne »

Le mardi 17 mars 2015, de 18h15 à 20h15, ULG, Place du XX août, 4000 Liège, salle Wittert :
Monique Jeudy-Ballini, Docteure en anthropologie, Laboratoire d’anthropologie sociale du CNRS (Paris)

 

Pour un observateur, la vie dans une population non-occidentale jusqu'alors inconnue de lui tient d'une expérience existentielle. Préparé, par sa formation universitaire, à éprouver cette expérience principalement à travers une déstabilisation de ses cadres conceptuels habituels, l'ethnologue qui fait ses premiers pas sur le terrain est beaucoup moins averti du bousculement émotionnel et sensoriel auquel il va être confronté. En faisant retour sur mon propre vécu affectif lors de mes séjours chez les Sulka de Nouvelle-Bretagne (Papouasie Nouvelle-Guinée), je souhaiterais évoquer, à partir d'exemples concrets, les difficultés de communication et de compréhension qui me sensibilisèrent à la question de savoir comment approcher ethnographiquement des manières divergentes de ressentir

 


 

« Quand les robots assemblent les humains »

Le mardi 24 février 2015, de 18h15 à 20h15, ULg, Place du XX août, 4000 Liège, salle Wittert :

Joffrey Becker, Docteur en anthropologie, Département de la Recherche et de l’Enseignement/Musée du quai Branly

 

Beaucoup de robots construits aujourd'hui s'inscrivent dans une démarche visant à comprendre les fonctions des organismes vivants qu'ils imitent. Cette robotique bio-inspirée cherche ses modèles un peu partout dans la nature. Or les formes d'imitations auxquelles elle donne lieu ne parviennent quasiment jamais à nous tromper sur les principes qui animent ces curieux objets. Les humanoïdes, par exemple, nous engagent dans des relations qui, bien qu'elles en prennent la forme, ne consistent pas en des rapports sociaux ordinaires. Ces relations impliquent en réalité des modes de communication d'un genre particulier, portant moins sur le contenu des messages qui y sont échangés que sur la possibilité même de communiquer. À travers l'étude de cas extraits d'une ethnographie conduite au plus près de l'activité des roboticiens, on se demandera si les relations que nous entretenons avec ces machines ne favorisent finalement pas une forme particulière de spécification ; une façon pour les humains de penser leur humanité.

 


 

 

Les taalibe-mendiants : une catégorie enfantine de la rue au Sénégal

Le mardi 21 octobre 2014, de 18h à 20h, ULg, Place du XX août, 4000 Liège, salle Wittert
Joanne Chehami, Docteur en sociologie (Université Pierre Mendès France/IEP de Grenoble 2), Enseignante au Conservatoire National des Arts et Métiers de Lorraine

 

Les taalibe-mendiants au Sénégal sont des enfants quêtant dans le cadre de leur apprentissage coranique et confrérique, sous la tutelle d’un maître gérant une école coranique (daara). Après une présentation du contexte local et des spécificités de cette population et de ses pratiques, il s’agira de questionner les mutations récentes de ce phénomène en milieu urbain. Elles consistent notamment en une mendicité infantile croissante et fortement monétaire et une exploitation des taalibe par certains maîtres coraniques. Elles doivent être articulées avec divers bouleversements socio-économiques subis par le Sénégal depuis une quarantaine d’années. On peut alors plus précisément s’intéresser à différents thèmes : tout d’abord celui du fosterage des taalibe-mendiants en lien avec la migration et la circulation enfantines en Afrique de l’Ouest. Ensuite, j’analyserai le statut de ces enfants en rapport avec la catégorie des enfants des rues (faxman), dans le cadre des Droits de l’homme et de l’enfant et des programmes d’aide qui leur sont adressés. Enfin je discuterai, à l’aide notamment de la théorie du don initiée par Mauss, l’évolution de la place sociale du taalibe-mendiant, en relation avec des échanges matériels et mystiques incontournables dans les relations sociales entre différents groupes sociaux sénégalais (baraka, sarax/zâkat, dons confrériques).

 


 

 

Making 100.000 dollar films in a 1 dollar-a-day economy: Judy Kibinge and the challenges of film production in Kenya

Le mardi 30 septembre 2014 de 18h à 20h, ULg,  Place du XX août, 4000 Liège, salle Wittert
Faire un film de 100.000 dollars dans un pays où on vit avec un dollar par jour : Judy Kibinge et la production des films au Kenya (la conférence sera donnée en anglais)