Faculté des Sciences Sociales

Défense de thèse de Nolwen Vouiller

Défense de thèse


©️ Nolwen Vouiller

Infos

Dates
Lundi 6 juillet
Lieu
B8 - PhD House
L'Agora 1
4000 Liège
Horaires
14h
S'inscrire

La Faculté des Sciences Sociales a le plaisir de vous inviter à la soutenance de thèse de Madame Nolwen Vouiller en vue de l'obtention du Doctorat en Sciences politiques et sociales. 

La thèse s'intitule :

Rencontres soudaines et marques pérennes : étude des vécus de celles et ceux qui coexistent avec les animaux du parc national de Bardiya (sud-ouest du Népal)

 

Résumé

La thèse d'anthropologie de Nolwen Vouiller examine les « rencontres soudaines » (jamkaa-bhet en népali) entre humains et faune sauvage dans et autour du parc national de Bardiya, au sud-ouest du Népal. À partir de dix-huit mois de terrain ethnographique dans une région où les études récentes en sciences sociales sont rares, cette recherche analyse les vécus des populations qui coexistent quotidiennement avec tigres, léopards, éléphants, rhinocéros, crocodiles et serpents, dans un contexte de protection intensive de la biodiversité. L'établissement du Parc (1988-1989) et l'augmentation spectaculaire des populations animales ont créé une situation paradoxale : alors que le Népal célèbre internationalement ses succès de conservation, les communautés locales subissent une multiplication des attaques et des destructions. Ces « conflits humains-faune », habituellement étudiés par les sciences naturelles ou du développement et rarement appréhendés à l'échelle de la rencontre individuelle et des affects, dépassent largement la dimension conflictuelle et séparatiste suggérée par cette appellation, révélant des relations complexes oscillant entre terreur et émerveillement, désespoir et enrichissement. À travers une approche multi-espèces, une attention particulière aux vécus psychocorporels — notamment à l'expression de la « surprise » — et une analyse du vocabulaire local, cette recherche explore comment les habitant·es anticipent, vivent et intègrent ces face-à-face qui évoluent parfois en attaques. L'analyse révèle que ces rencontres, bien que « soudaines », sont souvent annoncées. De plus, lorsqu'elles n'entraînent pas la mort, elles peuvent provoquer un corps-à-corps qui laisse des « marques pérennes » plus ou moins visibles : blessures physiques, mauvais rêves, évitement des lieux à risque, mais aussi créations artistiques, héroïsation des survivant·es et ouverture au monde. Plus largement, cette coexistence génère des bénéfices secondaires (tourisme et métiers liés au Parc, valorisation internationale) et mobilise des médiateurs inattendus (animaux domestiques, rivières, certaines professions, déités). La présente thèse montre ainsi comment les sociabilités humaines, les représentations de la faune et les activités rituelles se trouvent reconfigurées par la crise interindividuelle de la rencontre soudaine et rapprochée, ainsi que par celle de la coexistence plus large avec des animaux en danger et dangereux, à l'ère de l'Anthropocène.

 

Revue de presse 

NOLWEN VOUILLER, ANTHROPOLOGIE ET RELATION ANIMALE AU NÉPAL

‘We give our blood’: from tiger victim to conservation hero (Bardiya, south-west Nepal)

 

Co-directrices

  • Marie Lecomte-Tilouine (DR CNRS, LAS/Collège de France, EHESS)
  • Véronique Servais (Professeure ordinaire, FaSS, LASC, ULiège)

 

Jury

  • Olivia Aubriot, Directrice de recherche au CNRS (UMR CESAH, France)         
  • Fany Brotcorne, Professeure à l’Université de Liège (ULiège, Belgique) 
  • Ben Campbell, Professeur à l’Université de Durham (Royaume-Uni)      
  • Annu Jalais, Professeure à l’Université de Krea (Inde)
  • Frédéric Laugrand, Professeur à l’Université de Louvain (UCLouvain, Belgique)

 Plus d’informations

Nolwen Vouiller

Partagez cet agenda

cookieImage