Archive digitale de culture matérielle


Que racontent les objets ? Cette archive digitale rassemble les travaux des étudiants et étudiantes du master en Anthropologie réalisés dans le cadre du cours Anthropologie de la culture matérielle, dirigé par Elsa Mescoli.

Par une activité de terrain constituée d’observation et d'entretiens, ils et elles ont collecté des narrations qui permettent de décrire l’objet en tenant compte de son contexte matériel tout comme du réseau de significations dans lequel il s’inscrit. Les étudiant.es explorent l’origine et la production de l’objet, sa matérialité et l’impact de ses caractéristiques sur son usage et ses significations sociales. La « vie sociale » de l’objet est étudiée à travers son parcours, ses propriétaires successifs, sa circulation, les transformations physiques ou symboliques de l’objet et les changements de valeur ou d’utilité au fil du temps. Une attention particulière est portée à l’agentivité de l’objet, c’est-à-dire au rôle qu’il joue dans les relations sociales et à son influence sur les interactions humaines.

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Lola Dente

La cruche  

Liège, décembre 2024

Cette cruche en faïence colorée et ornée d’un décor floral est issue de la Maison Rigo, une maison bruxelloise aujourd’hui disparue. De son origine mystérieuse en brocante à sa place actuelle comme objet décoratif, la cruche illustre le passage d’un usage utilitaire à un rôle esthétique digne d’un objet d’art.

Témoin de transmissions et d’usages successifs étant donné ses quelques marques d’usure, la cruche met en lumière la réinvention des objets anciens et leur conservation grâce à un changement de fonction. Ainsi, elle a trouvé une nouvelle place dans le quotidien de l'étudiante tout en préservant des marques de son passé. De cette façon, elle développe une histoire et raconte des récits grâce à ses couleurs et ses motifs qui peuvent éveiller des souvenirs chez certain·e·s.

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Robin Legrand

Le déambulateur d'Hélène  

Trois-Ponts, décembre 2024

Hélène (prénom d'emprunt) a 90 ans. Elle vit seule dans sa maison de campagne à Trois-Ponts. Elle utilise ce déambulateur depuis 2020. Pour elle, "le gadot" est une aide à me déplacer, car mes jambes ne fonctionnent plus comme avant (extrait du journal de terrain de l'étudiant, 15 décembre 2024). Comme elle l’évoque, le déambulateur l’aide dans sa mobilité à l’intérieur de son domicile comme à l’extérieur lors de ces déplacements. Cet objet lui a été donné par sa soeur car elle en avait plus d’utilité. Cette analyse vise à examiner comme Hélène utilise son déambulateur et la place qu’il occupe dans sa vie quotidienne. Bien plus qu’un simple outil de mobilité, cet objet lui sert également à accomplir des tâches pratiques, comme transporter des objets ou s’asseoir dessus lors de différentes situations.

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Odile Légipont

Le foulard guide  

Seraing, décembre 2024

“Pour nous le foulard, c’est notre identité, notre véhicule de souvenirs. Il nous permet de nous sentir dans le groupe, de conserver des choses qui nous ont marquées aux guides.” (Extrait du focus group réalisé le 30/11 vec les animées de la section guide de la 13e Liège-Ouest à Seraing)
Le foulard accompagne la guide durant tout son parcours d’animation. Il représente davantage qu’un morceau de l’uniforme obligatoire : il est personnalisé par la guide pour y recueillir ses expériences, qu’elle porte fièrement autour du cou. Ce travail met en lumière comment le foulard développe sa propre identité en y portant celle de sa·on détenteur·rice, comment cette identité est représentée et quels sont les éléments qui la composent, à travers sa sensorialité, sa symbolique, les manières dont il s’inclut et est inclu dans les interactions.

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Manon Grilli

Les lunettes de vue de Marek  

Theux, décembre 2024

Marek a presque toujours porté des lunettes de vue. Entre extension de son corps, trajectoire biographique et significations culturelles associées, le texte de Manon retrace les expériences de Marek vis-à-vis de son environnement et de son entourage par rapport à cet objet indispensable pour voir correctement.

L'étudiante aborde plusieurs réflexions et questionnements : les lunettes permettent-elles vraiment de tout voir ? Comment marquent-elles le corps ? Comment définissent-elles l’identité de Marek ? Quelle est la relation entre objet et sujet ?

Cette recherche a pris vie grâce à des réflexions personnelles, des observations de terrain, des entretiens avec Marek, et d'autres porteurs de lunettes. Elle cherche à percevoir le quotidien à travers le prisme d’un porteur de lunettes de vue.

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Eulalie Delhaye

Le carnet de recettes d'un distillateur  

Evrehailles, décembre 2024

Découvrez l'analyse anthropologique d'un carnet de recettes de distillation datant de la fin du 19ème siècle : un héritage familial transmis de génération en génération par les fils aînés. En trouvant ce carnet dans une vitrine appartenant à ses grands-parents, Eulalie a cherché à comprendre les significations attribuées à cet objet. Son analyse se penche sur la trajectoire sociale de l'objet, depuis son utilisation première comme outil de travail pour un distillateur jusqu'à sa transformation en relique familiale. Le but de cette analyse est de montrer que des objets du quotidien comme un simple carnet de recettes peuvent devenir des reliques familiales qui sont porteuses d'histoires et de liens intergénérationnels.

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Charlotte Antoine

"Les assiettes de mémé" de Charline  

Liège, décembre 2024

Le service d’assiettes dont il est question dans ce travail semble être pour l'étudiante, le réceptacle de récits familiaux, d’un héritage relationnel autant que de repas. En comparant des usages variés et des conceptions différentes du service d’assiettes, l'étudiante a mis au jour l’agentivité de celles-ci et des points de tension entre valeur esthétique, transmission et mémoire : Je lui ai dit : c’est toi qui as les assiettes de mémé ? Et là, il me répond que oui mais qu'il les trouve moches, et que du coup il les utilise pour ses repas de tous les jours. Moi je les trouve super belles. Quand je lui ait dit, il a fini par me les donner. (Extrait du journal de terrain, 12/2024). Ce sont également les tensions entre les différents points susmentionnés qui nous permettrons de faire émerger des questionnements sur la pratique du "seconde main" comme enjeu de distinction.

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Delphine Lempereur

Le moulin de la Haze  

Esneux, décembre 2024

Jean-Pol Lempereur, propriétaire du moulin : « Je suis comme un oiseau, je suis attaché à mon lieu de naissance. Si j’étais né dans un château, ça aurait été un château ». Il y a quelques années, un objet de taille a été transmis à Jean-Pol : le moulin de La Haze. Dès lors, s’est légué plus qu’un bien matériel témoin d’une révolution technologique. Avec lui se trouvait une histoire, un contexte d’émergence, une transmission de savoirs et de gestes, une obligation de mémoire et de perpétuation. Mais qui dit imposition dit espace de liberté. Si le moulin, autrefois bien économique, n’est plus fonctionnel depuis
les années 1950 ; Jean-Pol et le moulin coconstruisent l’histoire l’un de l’autre.

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Julie Gofflot

La pendule style « Napoléon III » d’Albert  

Neufchâteau, décembre 2024

Cette pendule en marbre ornée de dorures incarne bien plus qu’un simple objet utilitaire. À travers trois générations, sa valeur a évolué selon ses propriétaires. Initialement conçue pour indiquer l’heure et rythmer la vie quotidienne grâce à sa sonnerie, elle a évolué au fil des générations en un objet décoratif chargé de mémoire : Je veux qu’elle reste dans la famille, c’est pour ça que je vous l’ai donnée. Cette évolution traduit un changement de sa fonction utilitaire vers une valeur affective et esthétique. Au fil du temps, l’agentivité de l’objet a également changé : la sonnerie, qui marquait autrefois les moments importants de la journée, a cessé d’être perçue comme un outil fonctionnel, devenant un symbole de mémoire. Toutefois, certains membres de la famille ont mis en avant son caractère ancien, tandis que d'autres l'ont dépréciée, reflétant ainsi une tension entre l'esthétisme et l'importance du patrimoine familial. Pour conclure, cette pendule est passée d’un simple objet utilitaire à un héritage, incarnant des relations et des souvenirs familiaux.

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Guillaume Thevissen

Le sapin de Noël artificiel de la famille Deschênes  

Soignies, décembre 2024

Souvent synonyme d’américanisation, de la culture de masse, et du consumérisme , Noël constitue une fête incarnée par plusieurs objets et figures, tels que le père Noël et les cadeaux. Ici, c’est sur le sapin de Noël que Guillaume s'est attardé. Au travers d’une autoethnographie de sa famille, il a pu analyser ce qu’est un sapin de Noël dans sa matérialité, à savoir du plastique et du métal tentant de reproduire un effet naturel. Différentes représentations s'attachent à cet objet : la première est d'ordre financier au travers du prix déboursé pour les décorations ou pour le sapin lui-même permettant à celui qui le possède d’affirmer un certain goût, un "habitus".Une seconde représentation consiste à voir l’esprit de Noël comme une sacralité sécularisée de la famille et plus spécifiquement de l’enfant. En réalité, le sapin de Noël est loin de constituer exclusivement l'expression d’un impérialisme culturel américain ; le travail montre que le parcours d’un objet transforme celui-ci et les individus qui l’utilisent.

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Flo Frisée

Un montre suisse chez Giuseppina  

Seraing, décembre 2024

Quelle est la vie sociale d'une montre en or ? Celle-ci fut un cadeau de mariage offert à la grand-mère de Flo dans les années 1950. L'étudiante a choisi d'examiner ses significations successives, ainsi que les rôles que l'objet a pu jouer au sein de sa famille. En effet, si elle fut initialement conçue dans le but d'indiquer l'heure, elle a d'abord été perçue comme un bien ostentatoire (Veblen, 1899), car cette montre symbolisait une ascension sociale de grands-parents immigrés, et servait à témoigner de leur capacité à réussir à accéder à un certain capital économique. Devenu un objet de mémoire collective, cet objet incarne aujourd'hui des relations intergénérationnelles et des souvenirs partagés par un groupe, tout en révélant des tensions implicites autour de sa propriété collective. [..]

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Mathias Pravata

Plaque d'identification militaire de Pierre  

Melen, décembre 2024

La plaque d'identité portée par le grand-père de Mathias, Pierre, était utilisée à l'armée. Il l'a portée lors de son service militaire et en tant que paramilitaire de 1963 à 1966. Un cordon de chausse permet de porter l'objet tel un collier. Pour un militaire, cette plaque est porteuse de sens. "Tu sais, cette plaque a beaucoup de valeur pour moi. Elle m'a suivi pendant tout mon parcours militaire et a fait partie de moi durant des années", Pierre, 10/12/24 à Melen). 

Cette plaque a été transmise à Mathias par l'intermédiaire de son parrain, Thomas. En retraçant les transmissions successives, l'étudiant a pu observer les valeurs associées à l'objet ainsi que la modification de son utilité. 

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Alix Cochet

Le coffre en bois de Bon Papa  

Liège, août 2025

Même s’il est massif et imposant, il sait se faire discret tant sa présence semble naturelle et évidente
pour l’ensemble des membres de ma famille. Le coffre en bois du grand-père d'Alix constitue un vecteur de souvenirs qui nourrissent une histoire personnelle et familiale, un meuble, un patrimoine familial.
Il a été aussi pour son créateur un passe-temps au vu des quantités d’heures qui ont été nécessaires pour le sculpter.
Il est logique, ainsi, que ce soit un « objet-mémoire précieux » dont on prend particulièrement soin. L'objet témoigne de l'absence de l'aïeul sculpteur et à la fois atténue cette absence.

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